Première conférence franco-américaine sur le climat : FACT-O

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Grâce à une initiative conjointe entre la Plateforme Océan & Climat et l’Ambassade de France aux Etats-Unis, la première conférence FACT-O a eu lieu à Miami Dade College le 1er juillet 2016 pour sensibiliser le public sur les impacts du changement climatique sur les récifs coralliens et la biodiversité des océans. C’était également une occasion parfaite pour visiter Tara, le bateau scientifique ancré à Miami après avoir traversé l’Atlantique dans le cadre de sa nouvelle expédition, Tara Pacific !

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©Lemonsea

Le public présent était impatient d’entendre la discussion sur les mesures prises en compte par les scientifiques, les entreprises et la société civile pour faire face aux défis posés par le changement climatique. Jetez un oeil sur le programme. Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS et coordinatrice scientifique de la Plateforme Océan & Climat a expliqué pourquoi ces séries de conférences ont été organisées dans le cadre de la COP21. Lisez son entretien. Lors de la conférence, elle a souligné que nous devons examiner tous les services que l’océan nous offre, qui ne consiste pas seulement à pêcher pour obtenir de la nourriture.

Dans son discours d’ouverture, Philippe Létrilliart, Consul Général de France à Miami, a déclaré que l’escale à Miami de l’expédition #TaraPacific était une excellente occasion de tenir une conférence et une discussion sur les solutions contre les impacts liés au changement climatique sur les océans, tels que l’acidification des océans et l’augmentation du niveau de la mer. Il a également mentionné une information qui est difficile à croire et que personne ne souhaite: il est estimé que d’ici 2050, le poids du plastique dépassera le poids du poisson dans l’océan! Lisez le rapport ici!

Dans ce contexte, il a fait une annonce très importante aux participants: en ce 1er juillet 2016, le gouvernement français a mis en application la loi pour l’interdiction des sacs en plastique à usage unique, et a fait appel à la communauté internationale. Philippe Létrilliart a également annoncé que la France a pris la coprésidence de l’Initiative Internationale des Récifs Coralliens jusqu’en 2018 ! Tara en fait également parti. De son côté, Romain Troublé, directeur exécutif de Tara Expéditions a expliqué les détails sur l’expédition en cours, et a également fait un point sur l’une des solutions les plus importantes pour notre avenir et l’avenir des océans: l’éducation. A partir de là, André Abreu, responsable de l’environnement et du climat à Tara Expéditions a animé la table ronde. Avant de commencer la discussion, Mr. Abreu a réitéré et souligné l’absence de l’océan dans l’agenda international avant la COP21. Mais grâce à la Plateforme Océan & Climat et l’engagement du gouvernement français (aujourd’hui le ministère de l’Environnement Français comprend la «mer» dans son titre!), l’océan fait maintenant parti du texte de la COP21, et le GIEC a récemment accepté de travailler sur un rapport spécial sur les océans et le changement climatique! Même Françoise Gaill l’a répété et a ajouté que c’est la raison pour laquelle nous avons besoin de jeunes scientifiques qui participent aux initiatives telles que #TakeOFFdont elle fait partie.

Visite de Tara : rencontre avec les scientifiques à bord

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©Lemonsea

Nous étions là, face à Tara à Miami après 23 jours de traversée transatlantique en ce début d’expédition #Tarapacific qui durera deux ans. L’équipe de Tara avait invité le grand public à venir découvrir le navire, rencontrer les scientifiques, comprendre un peu mieux comment les mesures sont effectuées et d’envisager comment se déroule la vie journalière à bord. Pour découvrir une visite virtuelle du bateau, cliquez ici.

Lemonsea, membre de la Plateforme Océan et Climat a pu suivre une visite guidée par Michel Flores, chercheur postdoctoral mexicain au Weizmann Institute of Science en Israël. Il étudie la relation entre l’atmosphère et les océans. Il nous a montré les instruments qu’il utilise pour effectuer des mesures, et il est spécifiquement à la recherche des impacts des aérosols sur l’océan. N ‘hésitez pas à lire son histoire! Il a également mis l’accent sur le fait que la science se doit d’être pluridisciplinaire: « Nous divisions la nature dans plusieurs disciplines en raison des défis auxquels nous sommes confrontés dans la compréhension, mais en réalité, il n’y a aucun obstacle, tout est lié » .

Pour savoir plus sur les mesures scientifiques qui ont été faites par Tara dans l’Atlantique, ne manquez pas de voir la vidéo !

Interview de Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS et coordinatrice scientifique de la Plateforme Océan & Climat sur les ONGs, l’acidification des océans , et la jeunesse

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Comment pensez-vous pouvoir impliquer plus les jeunes sur les questions des océans et comment pouvons-nous amener plus de gens à participer avec des scientifiques marins ?

« Il y a plusieurs grandes ONGs qui interviennent auprès des jeunes. Par exemple , une ONG comme Surfrider , qui est très active dans le domaine de l’océan et qui permet à de nombreux jeunes de participer à diverses actions, telles que le nettoyage des plastique sur les plages , les différentes façons d’identifier le plancton en surfant , et une manière de comprendre comment les vagues sont formées pour les jeunes surfers. Personnellement, je suis un scientifique. FACT-O promeut le fait que les jeunes scientifiques au niveau universitaire peuvent devenir intéressés à un stade précoce sur des problématiques qui sont innovantes et nouvelles dans l’étude des sciences de la mer Par exemple, la science des vagues  » .

« J’étais juste à Hawaii il n’y a pas trop longtemps, où une conférence a eu lieu à propos de la science des vagues, qui rassemble des jeunes de moins de 30 ans et qui utilise des nouvelles méthodes pour voir en temps réel comment un groupe de vagues se comportent localement ainsi que ses conséquences au niveau mondial. Jusqu’à présent, nous avons eu peu d’études des vagues de cette manière parce que la science des vagues n’existait pas, donc ceci est un exemple où les jeunes qui ont des connaissances du surf peuvent contribuer. Ils insèrent des capteurs où ils sont, et voilà comment la science grand public est créé ».

« Mais il y a aussi une autre chose. Nous pouvons très bien être océanographes, par exemple, et être intéressés non seulement dans la discipline académique qui nous appartient, mais aussi essayer de comprendre pourquoi les Américains vont plus loin et plus vite que les Français dans un certain nombre de questions, et pourquoi les Français dans d’autres questions sont plus avancés. Par conséquent, l’idée est d’essayer de former un groupe de jeunes scientifiques de FACT-O ».

« Pour le moment, ils sont de Paris et San Diego. À San Diego, ils sont pour la plupart des océanographes et des scientifiques écosystémiques . Par exemple, certains mettent l’accent sur la circulation thermohaline , mais en général, ils étudient de nombreuses disciplines . D’autre part, à Paris, ce que nous voulons achever avant la COP22 , c’est de mobiliser les jeunes autour des solutions. Qu’est-ce que les jeunes pensent des solutions, en tant que scientifiques de disciplines diverses? Qu’est-ce que vous avez à dire au sujet de ces solutions?

Et puis, puisque nous avons un certain nombre de personnes de Sciences Po , nous pouvons rassembler un groupe diversifié avec un arrière-plan scientifique et politique. Le 8 Juin dernier, la journée mondiale de l’océan à l’UNESCO, nous avons eu le représentant scientifique des jeunes des Etats-Unis qui est resté avec nous, et nous avons commencé à travailler ensemble. Voilà ce que je veux dire : brassage ou ce mélange de cultures, mais aussi où les politiques et les milieux scientifiques se réunissent ».

Que pensez-vous de créer une sorte de programme de coopération régionale entre le Mexique , les États- Unis et le Canada ? Est-ce que ce type d’actions pourrait être poussé vers la COP22 concernant l’acidification des océans ?

«  Je pense que c’est une bonne opportunité. Toutes les nouvelles opportunités doivent être prises parce que pour l’avenir nous avons besoin de cela. La question est celle de l’échelle. Pour faire face à l’acidification des océans quand on regarde l’évolution du pH, vous voyez qu’il est très faible, si l’on considère l’ampleur du pH et peut-être comparer les différents sites qui sont sur le même courant ou sous le même climat. Je pense aussi qu’il est possible d’avoir sur le même continent des jeunes scientifiques qui font des allers retours entre le Nord et le Sud et travaillent ensemble. Donc, je pense que ce serait une bonne chose, oui ! »

Joignez-vous à la conversation sur Twitter en suivant #Tarapacific et #FACTO !

– Par Lemonsea, membre de la Plateforme Océan & Climat qui a pour objet de sensibiliser la jeunesse aux enjeux soulevés par l’acidification des océans à l’aide d’outils innovants et de soutenir les initiatives porteuses de solutions concrètes.